Prométhée, le titan qui défia les dieux en leur volant le feu pour l’offrir aux hommes ; Victor Frankenstein, le médecin qui défia la nature en faisant revenir des cadavres à la vie. Quel fou, ou quel génie, saura tirer profit des avancées technologiques contemporaines pour s’élever à son tour au niveau des mystères de la Création ? Imaginez un instant qu’un jeune collégien parvienne, grâce à son génie informatique, à s’offrir… un robot qui fasse tout seul ses devoirs ? un hologramme qui suive les cours à sa place incognito ? un programme qui permette de télécharger automatiquement les leçons dans son cerveau ? ou générateur de Big Mac à  volonté ? Et qu’arriverait-il si, comme Victor Frankenstein, notre génie venait à perdre le contrôle de sa “créature” …?

 

La VoIx

Ça me revient, c’était l’année dernière, durant l’hiver. Notre professeur de Technologie de 3ème nous avait donné un devoir qui consistait à créer un programme « d’intelligence artificielle ». Cette intelligence artificielle devait pouvoir marcher par la parole. On devait simplement parler avec un microphone et les demandes de l’utilisateur étaient effectuées par l’ordinateur. Pour ce travail, on devait faire un groupe de trois élèves ; moi, je m’occupais de la voix artificielle, le second élève, lui, s’occupait de l’interface, et la troisième du groupe, une fille assez maline, s’occupait de la programmation. A la fin de la semaine, vendredi plus précisément, un programme artificiel, parmi tous ceux rendus, devait être sélectionné pour être mis en place dans le réseau informatique du collège.

Mon groupe et moi avions finalement gagné ce concours. Alors, deux semaines après, mes amis et moi, étions trop fiers de constater que notre intelligence artificielle était mise en place partout dans le collège. Mais, peu de temps après, une chose très bizarre retint notre attention. Un jour, pendant que nous étions tous au CDI, alors qu’un élève utilisait notre système informatique, nous avons remarqué que la voix avait bugué, on aurait dit qu’elle avait changé, qu’elle passait d’une voix plutôt douce, comme une voix féminine, à une voix grave, ressemblant à une voix d’homme. Vous allez me dire que ce n’était rien de très spécial, c’était peut-être juste moi ; peut être que j’avais oublié comment était le son de la voix que l’on avait créé ; mais non ! Je sentais qu’il y avait un problème, tout simplement parce que, quand j’avais configuré la fausse voix, j’avais créé une voix de femme, j’en étais sûr ! Cette voix était, certes, une voix d’homme mais, il n’y avait pas que ça, elle buggait pas mal et la voix devenait de plus en plus grave, comme si l’ordinateur fondait de l’intérieur. C’était très troublant, cela en devenait limite gênant. Mais bon, à part ça rien de très grave… jusqu’au mois suivant… J’avais un travail très important à faire, un travail à rendre pour le lendemain. Ce jour-là, j’en avais profité pour utiliser mon système d’intelligence artificielle, en me rendant, vite fait, seul au CDI à la récréation, mais tout à coup, une voix commença à parler alors que, pourtant, je ne lui avais encore rien demandé. Jusqu’ici rien de très effrayant, juste une voix bizarre qui répétait en boucle « programme défaillant, programme défaillant…» C’était super énervant. Mais à un moment, d’un coup, je vis la porte automatique, donnant accès au CDI, se fermer brusquement ; je sursautai et mon cœur se mit à battre aussi fort qu’il le pouvait, tellement j’étais surpris et effrayé. Si les portes se ferment au moment même où j’utilise mon programme, cela signifie que mon intelligence artificielle a surement dû prendre le contrôle de tout le collège. La Voix venait de bugger ! j’en perdais, petit à petit, le contrôle, plus rien ne répondait. Au moment où les portes automatiques se sont fermées, les lumières quant à elles, se sont directement éteintes. C’est à ce moment que je cherchai une sortie pour m’échapper de cette salle avant de me retrouver enfermé, mais c’était impossible, tout était bloqué, verrouillé. Je commençais alors à voir des appareils technologiques surchauffer, au point qu’ils ont commencé à prendre feu. Tandis que l’incendie prenait de l’ampleur, je commençais vraiment à paniquer. A ce moment précis, je pensais que le feu s’éteindrait avec les alarmes incendies, mais elles aussi étaient automatiquement touchées par le bug, elles étaient toutes désactivées. Les ordinateurs s’étaient tous allumés et n’affichaient que des points d’exclamations sur leurs écrans, tout ça sur un fond rouge pétant. La fumée commençait à remplir la pièce… Sur le coup, j’ai vraiment cru mourir ! Tout le collège avait été évacué, personne n’avait fait de détour par le CDI, et, dans la panique, ils avaient oublié de vérifier si cette pièce était occupée. Aucune classe n’étant prévue sur le créneau de la récréation, je me retrouvai seul, pris au piège dans cette salle. Heureusement, je pus m’échapper par la fenêtre. Le collège avait complètement pris feu, c’était dingue ! Même si tous les élèves rêvent au moins une fois dans leur vie d’avoir des vacances prolongées, comme par exemple, s’il y avait eu un feu au collège, quand cela arrive en vrai, tout est différent ; on se rend bien compte du danger que cela représente. J’ai eu la peur de ma vie ce jour-là. Fort heureusement, personne ne fut blessé. 

Dès la rénovation du collège finie, mon groupe et moi avons complètement et parfaitement désinstallé cette fameuse intelligence artificielle, cette Voix, pour être certains qu’un évènement pareil ne se reproduise plus. Du moins c’est ce que l’on croyait… On pense toujours qu’il n’y a que dans les films que les machines peuvent prendre le contrôle sur nous…Mais, au moment où je terminais de désinstaller le programme, alors que tout s’effaçait correctement un dossier fit exception. Comme par hasard, ce dernier dossier avait comme nom « La VoIx ». Quand je l’ouvris, il ne contenait que des photos, mais en y regardant de plus près, on se rendit compte qu’il s’agissait de photos du collège. Parmi toutes ces photos, une attira notre attention. C’était une photo du jour où j’étais resté bloqué seul, le jour de l’incendie : on me voyait pris au piège par les flammes, et derrière moi, on pouvait voir distinctement sur cette même photo…… deux gros yeux rouges, très « lumineux », fixés sur moi…